Partager le patrimoine culturel archéologique : open data et projets Wikimedia au musée Saint-Raymond de Toulouse

Partager le patrimoine culturel archéologique : open data et projets Wikimedia au musée Saint-Raymond de Toulouse

 

Le musée Saint-Raymond est le musée d’archéologie de la ville de Toulouse, situé dans un ancien collège médiéval à côté de la Basilique Saint-Sernin. Riche de près de 27000 objets à son inventaire il est essentiellement connu pour l’ensemble exceptionnel de sculptures romaines provenant de la villa de Chiragan. Si toutes les collections sont inventoriées et informatisées au sein du logiciel de gestion des collections, nous ne disposons pas d’un portail propre. Une partie des collections est peu à peu publiée sur le portail national Joconde, qui recense les collections des musées français, et quelques artefacts figurent dans des bases thématiques spécialisées en archéologie NESP, Beazley, LIMC, Artefacts…etc.

 

Ouvrir…

 

Pour diffuser nos collections et répondre à la politique d’open data de Toulouse Métropole engagée dès 2011, les contenus et leurs métadonnées produits dans l’exercice de nos activités ou ceux dont les droits nous ont été cédés ont été placés sous licences libres (paternité, partage à l’identique et pour tous usages). Les données d’inventaire sont publiées sous forme de sets de données sur la plateforme open data de la métropole. Ces fichiers de données brutes, sous forme de tableurs, résultent d’une extraction de la base de gestion des collections. Cette base créée dans les années 90 souffre d’un manque de structuration de ses contenus et l’export des données a mis en évidence son manque d’harmonisation. Un travail de reprise et de consolidation des vocabulaires s’est donc avéré nécessaire et la mise à jour annuelle des jeux de données permettra d’en améliorer peu à peu la qualité. La perspective de leur réutilisation a induit un changement dans le mode de production des données et des contenus, nous sommes désormais dans une logique de capitalisation et de recyclage sans possibilité d’anticiper les usages de ces contenus que des tiers pourront imaginer.

1- Notice d’inventaire et item Wikidata liés au sein de l’outil de gestion des collections du Musée Saint-Raymond

 

… pour partager

 

Bien conscients que la simple édition de fichiers CSV ne peut suffire pour constituer une politique d’open data, nous avons recours aux plateformes libres et gratuites Wikimedia pour publier et partager les ressources et de ce fait pratiquer un véritable open content.

Pour cela, nous initions et encourageons l’écriture d’articles Wikipédia autour des collections écrits par des membres de l’équipe ou par des contributeurs externes dans le cadre d’ateliers. Ces articles sont le résultat de la synthèse des informations contenues dans les dossiers d’oeuvre constitués par le service documentation.

Les collections sont également bien représentées sur Wikimedia Commons. Les photographies proviennent soit de la photothèque du musée qui effectue des versements réguliers, soit de photographes bénévoles que nous encourageons à venir réaliser des prises de vues dans les salles du musée ou lors d’expositions temporaires et qui nous aident ainsi précieusement à valoriser les collections.

 

2- Les collections du Musée Saint-Raymond présentes sur Wikidata requêtées par le moteur de recherche Crotos


Les numérisations d’oeuvres en 3D commandées dans le cadre des activités de l’équipe et originellement publiées sur Sketchfab ainsi que celles réalisées par le collectif Scan the World versées sur My Mini Factory, sont placées sous la même licence CC BY-SA. Grâce à cette ouverture les fichiers ont pu être importés sur Wikimedia Commons afin de décupler leur visibilité et de les lier à l’écosystème wikimédien.

Les métadonnées des photographies proviennent de Wikidata, base de connaissances structurées sur laquelle nous versons progressivement nos données d’inventaire. Wikidata offre également la possibilité d’agréger toutes les URL des notices sur les collections disponibles dans des bases de données spécialisées. Chaque élément Wikidata est lié à la notice d’inventaire interne correspondante servant ainsi de catalyseur et de passerelle entre les différentes ressources numériques documentant un même objet. Enfin Wikidata offre l’opportunité d’intégrer les collections au web de données en bénéficiant des alignements et d’un modèle maintenus par une communauté sans avoir à acquérir des compétences techniques complexes en interne.

 

La mise en place de ce double flux offre l’avantage d’enrichir à la fois nos outils métiers et les plateformes externes au sein d’un écosystème au service des collections et de la diffusion des connaissances.

Outre la facilité de stockage, l’évolutivité technique des plateformes et outils et l’aide d’une communauté bienveillante à l’égard des GLAM, investir les projets Wikimedia c’est bénéficier d’une visibilité internationale grâce au multilinguisme et bien évidemment à la popularité des plateformes. Peut-on trouver meilleur lieu pour oeuvrer à la démocratisation culturelle ?

3- Réutilisation du modèle 3D du buste de Trajan par Alice Martin

 

Bio :

Christelle Molinié a une double formation en documentation et en histoire de l’art, suivie à l’Ecole du Louvre. Elle exerce dans le domaine de la documentation muséale depuis plus de 15 ans. Fin 2016, elle a rejoint l’équipe du musée Saint-Raymond au sein de laquelle elle est responsable des ressources documentaires. En outre elle contribue aux projets Wikimedia qu’elle intègre à ses pratiques professionnelles.